Les exercices du rapport : les bases à connaître
Rapport simple, gueule douce, memory, stop au sifflet : ce que recouvrent les exercices de base du retriever de travail et comment les aborder dans l'ordre.
par Marc Delvaux, électricien, chef de chantier relu par Nadia Bertels

Les exercices du rapport chez le retriever de travail couvrent l'envoi du chien chercher un gibier ou un objet tombé, puis son retour avec celui-ci jusqu'au conducteur. On les aborde dans un ordre progressif : le rapport simple en ligne droite, puis les rapports en couverture avec mémorisation, les doubles et triples envoyés, et enfin le rapport à l'aveugle et les discriminations d'odeur. Chaque étape consolide la précédente : un chien ne progresse sur un exercice complexe que si le rapport simple est parfaitement maîtrisé. Les qualités attendues restent les mêmes à tous les niveaux, seuls l'éloignement, les obstacles et le nombre d'objets changent. Le Cahier de Rapport, carnet de travail en français sur le labrador et le golden, détaille les exercices du rapport comme la gueule douce, le memory, le stop au sifflet et la remise à main.
Qu'est-ce que le rapport simple ?
Le rapport simple consiste à envoyer le chien chercher un objet tombé et à le rapporter directement à son conducteur. Le chien part au coup de sifflet ou à la voix, se dirige vers l'objet, le prend en gueule sans le mâcher et revient s'asseoir devant son maître pour le remettre sur ordre. C'est la base sur laquelle s'appuient tous les autres exercices du rapport : les doubles envoyés, les rapports à l'aveugle et les discriminations se construisent sur ce schéma initial. Un rapport simple réussi suppose un chien qui part vite, prend l'objet proprement et revient en ligne droite. Toute déviation, tout temps perdu ou tout refus de lâcher l'objet annonce une faiblesse qui se retrouvera aggravée dans les exercices suivants. Le travail commence donc à courte distance, avec un objet neutre, avant d'introduire le gibier et les distances réelles d'un terrain de concours.
Pourquoi la gueule douce est-elle centrale ?
La gueule douce désigne la capacité du chien à porter le gibier ou l'objet sans le mordre ni l'abîmer. C'est une qualité qui se construit, pas un temperament acquis. Elle se travaille dès les premiers exercices, sur des objets adaptés comme des boudins en toile ou des mannequins souples, avant tout contact avec le gibier. Le chien apprend à prendre l'objet calmement, à le porter entier et à le rendre sur commande. Si un chien mâchouille son rapport, la règle est simple : il faut revenir à des objets plus durs, qui résistent mieux à la pression, et raccourcir les exercices pour terminer chaque séance sur une remise propre. La durée augmente ensuite progressivement, à condition que la prise reste correcte.
Ligne et sifflet : à quoi servent-ils ?
Le travail à la ligne dirige le chien dans l'angle de projection de l'objet. Elle sert surtout quand le chien n'a pas vu tomber le gibier : le conducteur l'envoie dans la bonne zone en tensionnant légèrement la ligne au moment de l'envoi, puis la laisse filer. Les coups de sifflet servent de repères : un appel long pour ramener le chien, un coup bref répété pour indiquer une direction, un coup sec pour l'arrêt. La régularité des signaux compte plus que leur force. Un sifflet toujours identique, avec la même intensité pour la même demande, permet au chien d'anticiper et de répondre sans hésitation. Les deux outils se travaillent d'abord séparément, sur des distances courtes, avant d'être combinés dans des situations de rapport complètes.
Comment le memory complète-t-il l'apprentissage ?
Le memory demande au chien de mémoriser la chute d'un objet qu'il a vu précédemment, puis d'aller le rechercher sur ordre, même après un laps de temps ou une autre action. L'exercice développe la mémoire visuelle et l'obéissance à l'envoi différé : le chien attend la commande sans partir de lui-même, puis se dirige vers la zone indiquée. Il apprend à se fier à un souvenir précis plutôt qu'à un objet sous les yeux. On commence par des distances courtes et un seul objet, visible et simple à marquer. Quand le chien réussit de manière régulière, on allonge la distance, on augmente le nombre d'objets et on ajoute des distractions ou un délai plus long avant l'envoi. Cette progression pas à pas évite de casser la confiance du chien et construit une base solide pour les épreuves de travail.
Quel rôle joue le stop au sifflet ?
Le stop au sifflet arrête net le chien en plein mouvement, parfois loin du conducteur, pour le rediriger vers une autre direction ou un autre objet. Il sert à corriger une trajectoire, à éviter une distraction ou à faire reprendre une zone. La remise à main conclut l'exercice : le chien donne l'objet proprement dans la main du conducteur plutôt que de le poser au sol ou de le laisser tomber à distance. Elle ferme le rapport dans de bonnes conditions et prépare les épreuves où la remise est notée. Ces deux exercices exigent un chien déjà stable sur le rapport simple et doté d'une gueule douce, c'est-à-dire capable de porter l'objet sans le mâcher ni l'abîmer. Travailler le stop et la remise sur des bases fragiles produit des ratés difficiles à corriger ensuite.
Où trouver un suivi détaillé de ces exercices ?
Pour suivre la progression de ces exercices, un carnet de travail en français reste l'outil le plus direct. Le Cahier de Rapport, tenu à la main, détaille les six exercices de base pour le labrador et le golden retriever : chaque séance peut y être notée avec la date, le terrain, les distances et les résultats observés. Ce registre s'adresse surtout aux conducteurs de retrievers, aux éleveurs de chenils de travail et aux dresseurs qui suivent plusieurs chiens en parallèle. Au-delà des séances elles-mêmes, il couvre aussi les lignées et le terrain, deux éléments complémentaires des exercices : l'origine du chien éclaire ses aptitudes naturelles, et la description des terrains permet de comparer les résultats obtenus dans des conditions différentes. Un tel suivi écrit rend visibles les régularités et les points à retravailler, séance après séance, sans dépendre du seul souvenir du conducteur.


